Le procureur en chef de la Cour pénale internationale a été suspendu de ses fonctions, selon l’AP. Karim Khan fait face à des accusations d’inconduite sexuelle avec une assistante et a été renvoyé pour des procédures disciplinaires lundi à La Haye, aux Pays-Bas.
Que s’est-il passé ?
L’organe de surveillance de la Cour pénale internationale a suspendu Karim Khan suite à un renvoi pour des procédures disciplinaires tard lundi. Les allégations concernent une inconduite sexuelle avec une assistante sur une période de plus de deux ans. Khan, âgé de 56 ans, a nié tout acte répréhensible.
Une décision finale concernant le statut de Khan sera prise par l’Assemblée des États parties, chargée de superviser la CPI. “La suspension de Khan en attendant la réunion de l’assemblée n’est pas une indication du résultat final”, a noté un communiqué du Bureau de l’Assemblée.
L’enquête de l’ONU a trouvé des preuves que Khan avait eu “des contacts sexuels non consentis avec (l’assistante) dans son bureau, à son domicile privé, et lors de missions”, indique le rapport.
Pourquoi c’est important
Cette situation sans précédent soulève des questions importantes concernant la responsabilité du leadership au sein de la CPI. Seule l’Assemblée des États parties a le pouvoir de destituer Khan, nécessitant un vote majoritaire de ses 125 États membres. Une mesure pour le destituer nécessiterait le soutien d’au moins 63 pays.
Les implications de cette affaire sont profondes, car elle remet en question l’intégrité de l’un des principaux organes judiciaires mondiaux chargés de poursuivre les crimes de guerre et les violations des droits de l’homme.
Contexte
Les accusations contre Khan ont été signalées pour la première fois au comité de surveillance indépendant de la cour il y a plus de deux ans. Le 20 mai 2025, il s’est temporairement retiré en attendant le résultat de l’enquête. L’Assemblée de la CPI a dû créer de nouvelles règles procédurales durant ce processus inédit.
Il est rapporté que le comportement de Khan comprenait une conduite inappropriée lors de voyages officiels et des cas où il aurait verrouillé la porte de son bureau. Les documents d’enquête détaillaient d’autres allégations, y compris des demandes d’interactions intimes avec l’assistante.
Et après ?
Aucune date n’a été fixée pour la réunion de l’Assemblée des États parties, mais elle s’est engagée à se réunir dès que possible pour aborder l’avenir de Khan à la CPI.

